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三日一生Trois jours et une vie
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本章 221 组对照 · 第 4/7 页 · 已读 1%Le docteur Dieulafoy avait accueilli la proposition de reprise d’Antoine avec tout l’enthousiasme dont il était capable.
迪厄拉富瓦医生对安托万接手诊所的提议,表现出了他所能达到的全部热情。
La passion qu’il avait pour son métier avait fait craindre à Antoine qu’il refuse de décrocher, qu’il propose une collaboration, qu’il intervienne sans cesse, mais pas du tout.
那位老医生如此热爱职业,安托万原本担心他不肯放手,会提出合作、不断干预;然而完全没有。
Le cabinet sitôt vendu, il était parti pour Viet Tri, une ville située au nord d’Hanoi où il était allé prendre soin de sa mère, une femme de quatre-vingts ans qu’il n’avait pas vue depuis près de cinquante ans.
诊所一卖出,他便去了越池——河内以北的一座城市——照顾八十岁的母亲;他已经近五十年没见过她。
Avant de s’en aller, il avait laissé à Antoine des fiches extraordinairement détaillées sur chaque patient, ils avaient même pris un temps infini, c’était l’exigence du vieux médecin, pour parler des cas les plus problématiques.
离开前,他给安托万留下每位患者极其详尽的档案。他们甚至花了漫长时间——这是老医生坚持的要求——逐一讨论最棘手的病例。
Antoine avait découvert à ce moment-là que M. Kowalski faisait partie de la clientèle, mais il ne l’avait encore jamais vu dans le cabinet.
安托万当时发现科瓦尔斯基先生也是诊所患者之一,但此前从未在诊所见过他。
Quant à Valentine, il faudrait négocier, elle venait six fois par an solliciter un arrêt de travail, accompagnée de plusieurs de ses mômes pour l’attendrir ou exciter sa pitié.
至于瓦朗蒂娜,则需要讨价还价;她每年会来六次要求开病假条,还带上几个孩子,试图让他心软或激起同情。
Antoine se montrait toujours faible avec elle, il renâclait à rédiger l’arrêt de travail, mais il finissait par le faire.
安托万面对她总是软弱。他起初不愿写病假条,最后却总会开出来。
Il ne se l’avouait pas, mais Valentine occupait une place embarrassante dans son histoire, elle était avant tout la jeune fille frappée par la disparition de son petit frère, la sœur de l’enfant qu’Antoine avait tué.
他不愿承认,瓦朗蒂娜在他的故事中占据着一个令人尴尬的位置;首先,她是那个因弟弟失踪而遭受打击的少女,是安托万所杀孩子的姐姐。
Antoine prit le temps de s’installer pour la troisième manche de la journée, ranger le matériel, vérifier que tout était en ordre, replacer son portefeuille dans le premier tiroir de son bureau, le seul qu’il fermait à clé, réflexe plus magique que sécuritaire, il aurait suffi d’un coupe-papier à un enfant de dix ans pour en venir à bout en quelques secondes.
安托万花时间为当天的第三轮工作做好准备:整理器材,确认一切井然有序,把钱包放回书桌第一个抽屉。那是唯一上锁的抽屉;这个动作与其说为了安全,不如说像一种魔法般的习惯,因为一个十岁孩子只需一把裁纸刀,几秒钟就能撬开。
C’est là qu’il conservait, sans trop savoir pourquoi, la réponse de Laura au courrier qu’il lui avait écrit, d’une traite, Laura (pas mon amour, ne pas lui laisser le moindre espace), je vais te quitter (être simple, clair, définitif), une longue explication concernant Émilie, la femme qu’il avait, en fait, toujours aimée, qu’il avait mise enceinte et qu’il allait épouser, et c’est mieux ainsi, je t’aurais rendue malheureuse, etc. Le genre de lettre idiote, menteuse et prévisible qu’adressent tous les hommes lâches à toutes les femmes qu’ils se décident enfin à quitter.
他不太明白自己为什么一直把劳拉对那封分手信的回复放在这里。那封信是他一口气写成的:“劳拉”(不能写“亲爱的”,不能给她留下任何空间),“我要离开你”(必须简单、清楚、彻底),随后长篇解释埃米莉——那个他其实一直爱着、被他弄怀孕、即将迎娶的女人——又说“这样更好,我只会让你不幸”,诸如此类。这是所有懦弱男人终于决定离开女人时都会寄出的那种愚蠢、虚假而可以预见的信。
La réponse de Laura avait été immédiate, une grande feuille de papier blanc portant en haut à gauche : « D’accord. »
劳拉立即回信,一张大白纸左上角只写着:“好。”
Il l’avait pliée, l’avait rangée dans le tiroir et fermé à clé.
他把纸折好,放进抽屉,上了锁。
Et même, avec le temps, il l’avait presque oubliée.
随着时间过去,他甚至几乎忘了它。
Antoine rédigea un arrêt de travail d’une semaine pour Valentine, puis il reçut M. Kowalski, un homme sec, à la voix très douce, aux gestes lents et précis.
安托万给瓦朗蒂娜开了一周病假,随后接诊科瓦尔斯基先生。这是个干瘦的男人,声音十分柔和,动作缓慢而准确。
Antoine écouta son cœur, fatigué.
安托万听诊他的心脏,心跳显得疲惫。
En prenant sa tension, il jeta un œil sur sa fiche, oui, il se souvenait, M. Kowalski était veuf, il calcula rapidement son âge, soixante-six ans.
量血压时,他扫了一眼病历。是的,他记起来了,科瓦尔斯基先生是鳏夫。他迅速算了算年龄,六十六岁。
– Bon, un virus…
“好吧,是病毒感染……”
M. Kowalski sourit aimablement, fataliste.
科瓦尔斯基先生温和而认命地笑了。
Antoine écrivit sa prescription, qu’il commentait toujours, il soulignait toujours les posologies, tâchait d’écrire lisiblement, pas de snobisme.
安托万写下处方,并像往常一样逐项解释;他总会把用药剂量画线强调,也尽力写得清楚,不摆医生架子。
Il rangea la fiche de son patient, le raccompagna à la porte et lui serra la main.
他收好患者档案,把科瓦尔斯基先生送到门口,与他握手。
Déjà M. Fremont se levait et s’avançait lorsque Antoine fut saisi d’une brusque impulsion, il ne prit pas le temps de réfléchir :
弗雷蒙先生已经站起来往前走,安托万却突然被一股冲动攫住,根本没有时间思考:
– Monsieur Kowalski ?
“科瓦尔斯基先生?”
Tout le monde se tourna vers la porte.
所有人都转头看向门口。
– Euh… vous pouvez revenir un instant ? demanda Antoine.
“呃……您能再回来一下吗?”安托万问。
Il adressa un geste d’excuse à M. Fremont, ça ne sera pas long, si vous permettez…
他向弗雷蒙先生做了个表示歉意的动作:“不会很久,麻烦您稍等……”
– Entrez, entrez, disait-il en désignant la chaise que M. Kowalski venait juste de quitter, asseyez-vous un instant.
“进来,进来。”他说着,指向科瓦尔斯基刚刚离开的椅子,“再坐一会儿。”
Et il faisait le tour de son bureau, reprenait sa fiche et la consultait de nouveau.
他绕回桌后,重新拿起病历查看。
Andréi Kowalski, né à Gdynia, Pologne, le 26 octobre 1949.
安德烈·科瓦尔斯基,1949年10月26日生于波兰格丁尼亚。
Antoine avait été saisi d’une de ces intuitions si convaincantes qu’elles nous font, sur le coup, l’effet d’une révélation et qui, un instant plus tard, semblent totalement vaines.
安托万被一种极具说服力的直觉击中;这种直觉在出现的瞬间像启示,可过一会儿又可能显得完全徒劳。
Mais M. Kowalski baissa les yeux sur ses genoux et Antoine fut aussitôt convaincu qu’il avait vu juste.
然而科瓦尔斯基先生垂眼看向自己的膝盖,安托万立刻确信自己猜对了。
Lui-même resta longuement silencieux, il ne savait pas comment s’y prendre…
他自己沉默了很久,不知道该怎样开口……
Parce que la porte qui pouvait s’ouvrir à l’instant, il ignorait ce qu’il y avait derrière.
因为此刻可能打开的那扇门后究竟有什么,他一无所知。