TCFCA 学习空间
TCFCA 学习空间
茶花女La Dame aux Camélias
XXII
本章 62 组对照 · 第 2/2 页 · 已读 1%" La brave fille alla me chercher mon manteau, me le jeta sur les épaules, m'offrit d'aller réveiller la mère Arnould, et de s'enquérir d'elle s'il était possible d'avoir une voiture ;
这个好姑娘去取来我的大衣,给我披在肩上;她还提出去叫醒阿尔努太太,问问她有没有办法找一辆车。
mais je m'y opposai, convaincu que je perdrais à cette tentative, peut-être infructueuse, plus de temps que je n'en mettrais à faire la moitié du chemin.
但我阻止了她,因为我确信,这种也许不会成功的尝试,所耽误的时间,会比我走完一半路程还多。
Puis j'avais besoin d'air et d'une fatigue physique qui épuisât la surexcitation à laquelle j'étais en proie. Je pris la clef de l'appartement de la rue d'Antin, et après avoir dit adieu à Nanine, qui m'avait accompagné jusqu'à la grille,
何况我需要空气,也需要用身体的疲劳耗尽折磨着我的过度兴奋。我拿上昂坦街公寓的钥匙,向一直送我到栅门的娜宁告别,
je partis. Je me mis d'abord à courir, mais la terre était fraîchement mouillée, et je me fatiguais doublement. Au bout d'une demi-heure de cette course, je fus forcé de m'arrêter, j'étais en nage.
便出发了。起初我跑了起来,但土地刚被雨水浸湿,使我付出双倍力气。跑了半小时后,我不得不停下,浑身已经汗透。
Je repris haleine et je continuai mon chemin. La nuit était si épaisse, que je tremblais à chaque instant de me heurter contre un des arbres de la route, lesquels, se présentant brusquement à mes yeux,
我喘了口气,继续赶路。夜色浓得可怕,我时时担心撞上路边的树;那些树突然闯进视野时,
avaient l'air de grands fantômes courant sur moi. Je rencontrai une ou deux voitures de rouliers que j'eus bientôt laissées en arrière. Une calèche se dirigeait au grand trot du côté de Bougival.
像一个个朝我扑来的巨大幽灵。我遇到一两辆货运马车,很快便把它们甩在身后。一辆敞篷马车正疾驰着驶向布日瓦尔。
Au moment où elle passait devant moi, l'espoir me vint que Marguerite était dedans. Je m'arrêtai en criant : " Marguerite ! Marguerite ! " Mais personne ne me répondit et la calèche continua sa route.
它从我身边经过时,我忽然希望玛格丽特就在车里。我停下来高喊:“玛格丽特!玛格丽特!”但没有人回答,马车继续向前奔驰。
Je la regardai s'éloigner, et je repartis. Je mis deux heures pour arriver à la barrière de l'Etoile. La vue de Paris me rendit des forces, et je descendis en courant la longue
我望着它远去,随后重新上路。我用了两个小时才到达星形广场的城门。巴黎的景象使我恢复了力气,我沿着那条曾走过无数次的长长大道飞奔而下。
allée que j'avais parcourue tant de fois. Cette nuit-là personne n'y passait. On eût dit la promenade d'une ville morte. Le jour commençait à poindre.
那一夜,路上一个人也没有,仿佛这是座死城的散步道。天开始发亮。
Quand j'arrivai à la rue d'Antin, la grande ville se remuait déjà un peu avant de se réveiller tout à fait. Cinq heures sonnaient à l'église Saint-Roch au moment où j'entrais dans la maison de Marguerite.
我到达昂坦街时,这座大城市已经在彻底苏醒之前微微活动起来。我走进玛格丽特住所时,圣罗克教堂正敲响五点钟。
Je jetai mon nom au portier, lequel avait reçu de moi assez de pièces de vingt francs pour savoir que j'avais le droit de venir à cinq heures chez Mlle Gautier. Je passai donc sans obstacle.
我向门房报了姓名;他从我这里收过足够多的二十法郎金币,早已明白我有权在凌晨五点去找戈蒂埃小姐。于是我毫无阻碍地走了进去。
J'aurais pu lui demander si Marguerite était chez elle, mais il eût pu me répondre que non, et j'aimais mieux douter deux minutes de plus, car en doutant j'espérais encore.
我本可以问他玛格丽特是否在家,但他可能回答“不在”;我宁愿再多怀疑两分钟,因为只要还在怀疑,我就仍能抱有希望。
Je prêtai l'oreille à la porte, tâchant de surprendre un bruit, un mouvement. Rien. Le silence de la campagne semblait se continuer jusque-là. J'ouvris la porte, et j'entrai. Tous les rideaux étaient hermétiquement fermés.
我把耳朵贴在门上,试图捕捉一丝声音或动静。什么也没有。乡间的寂静仿佛一直延伸到了这里。我打开门走进去。所有窗帘都严严实实地闭着。
Je tirai ceux de la salle à manger, et je me dirigeai vers la chambre à coucher dont je poussai la porte. Je sautai sur le cordon des rideaux et je le tirai violemment. Les rideaux s'écartèrent ; un faible jour pénétra, je courus au lit.
我拉开饭厅的窗帘,走向卧室,推开房门。我扑到窗帘拉绳前,用力一扯。窗帘分开,微弱的晨光透了进来;我冲向床边。
Il était vide ! J'ouvris les portes les unes après les autres, je visitai toutes les chambres. Personne. C'était à devenir fou. Je passai dans le cabinet de toilette, dont j'ouvris la fenêtre, et j'appelai Prudence à plusieurs reprises.
床是空的!我一扇接一扇打开房门,查看了所有房间。一个人也没有。这足以让人发疯。我走进梳妆室,打开窗户,一连几次呼喊普律当丝。
La fenêtre de Mme Duvernoy resta fermée. Alors je descendis chez le portier, à qui je demandai si Mlle Gautier était venue chez elle pendant le jour. " Oui, me répondit cet homme, avec Mme Duvernoy. - Elle n'a rien dit pour moi ? - Rien.
迪韦尔努瓦太太的窗户始终紧闭。于是我下楼去问门房,戈蒂埃小姐白天是否回来过。“回来过,”那人回答,“和迪韦尔努瓦太太一起。”“她没给我留下什么话吗?”“没有。”
- Savez-vous ce qu'elles ont fait ensuite ? - Elles sont montées en voiture. - Quel genre de voiture ? - Un coupé de maître. Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Je sonnai à la porte voisine. " Où allez-vous, monsieur ?
“您知道她们后来做了什么吗?”“她们上了一辆车。”“什么样的车?”“一辆私家双座马车。”这一切究竟是什么意思?我按响了隔壁的大门铃。“先生,您去哪儿?”
me demanda le concierge après m'avoir ouvert. - Chez Mme Duvernoy. - Elle n'est pas rentrée. - Vous en êtes sûr ? - Oui, monsieur ; voilà même une lettre qu'on a apportée pour elle hier au soir et que je ne lui ai pas encore remise.
看门人在开门后问我。“去找迪韦尔努瓦太太。”“她还没有回来。”“您肯定吗?”“肯定,先生。昨晚甚至有人送来一封给她的信,我还没来得及交给她。”
Et le portier me montrait une lettre sur laquelle je jetai machinalement les yeux. Je reconnus l'écriture de Marguerite. Je pris la lettre. L'adresse portait ces mots : " A Mme Duvernoy, pour remettre à M. Duval.
门房把信拿给我看,我下意识地瞥了一眼,立刻认出了玛格丽特的笔迹。我拿过信。信封上写着:“交迪韦尔努瓦太太转交迪瓦尔先生。”
" " Cette lettre est pour moi, dis-je au portier, et je lui montrai l'adresse. - C'est vous monsieur Duval ? me répondit cet homme. - Oui. - Ah ! je vous reconnais, vous venez souvent chez Mme Duvernoy.
“这封信是给我的。”我对门房说着,把地址指给他看。“您就是迪瓦尔先生?”那人回答。“是的。”“啊!我认得您,您经常来找迪韦尔努瓦太太。”
Une fois dans la rue, je brisai le cachet de cette lettre. La foudre fût tombée à mes pieds que je n'eusse pas été plus épouvanté que je le fus par cette lecture.
到了街上,我撕开信封。即使一道雷正落在我脚边,也不会比读到这封信时更令我惊骇。
" A l'heure où vous lirez cette lettre, Armand, je serai déjà la maîtresse d'un autre homme. Tout est donc fini entre nous.
“阿尔芒,当你读到这封信时,我已经成了另一个男人的情妇。我们之间的一切,到此都结束了。
" Retournez auprès de votre père, mon ami, allez revoir votre soeur, jeune fille chaste, ignorante de toutes nos misères,
“回到你父亲身边吧,我的朋友;去看看你的妹妹,那个纯洁、不知道我们这些苦难的年轻姑娘。
et auprès de laquelle vous oublierez bien vite ce que vous aura fait souffrir cette fille perdue que l'on nomme Marguerite Gautier, que vous avez bien voulu aimer un instant, et qui vous doit les seuls moments heureux d'une vie qui,
“在她身边,你很快就会忘记这个名叫玛格丽特·戈蒂埃的堕落女人给你造成的痛苦。你曾愿意爱她片刻,而她一生中仅有的幸福时光,全都是你赐给她的;
elle l'espère, ne sera pas longue maintenant. " Quand, j'eus lu le dernier mot, je crus que j'allais devenir fou. Un moment j'eus réellement peur de tomber sur le pavé de la rue.
“如今,她只希望自己剩下的生命不会太长。”读完最后一个字,我以为自己就要发疯。有一瞬间,我真的害怕自己会倒在街道的石板上。
Un nuage me passait sur les yeux et le sang me battait dans les tempes.
一片黑雾掠过眼前,血液在太阳穴中猛烈跳动。
Enfin je me remis un peu, je regardai autour de moi, tout étonné de voir la vie des autres se continuer sans s'arrêter à mon malheur. Je n'étais pas assez fort pour supporter seul le coup que Marguerite me portait.
最后,我稍稍恢复过来,环顾四周,惊讶地发现别人的生活并没有因为我的不幸而停止。我没有足够的力量独自承受玛格丽特给我的这一击。
Alors je me souvins que mon père était dans la même ville que moi, que dans dix minutes je pourrais être auprès de lui, et que, quelle que fût la cause de ma douleur, il la partagerait.
这时我想起父亲也在这座城市里;十分钟后我就能到他身边,而且无论我的痛苦因何而起,他都会同我一起承担。
Je courus comme un fou, comme un voleur, jusqu'à l'hôtel de Paris : je trouvai la clef sur la porte de l'appartement de mon père. J'entrai. Il lisait. Au peu d'étonnement qu'il montra en me voyant paraître, on eût dit qu'il m'attendait.
我像疯子、像逃窜的盗贼一样跑到巴黎旅馆,看见父亲房门的钥匙就插在锁上。我走进去。他正在看书。看到我突然出现,他并没有显得多么惊讶,仿佛一直在等我。
Je me précipitai dans ses bras sans lui dire un mot, je lui donnai la lettre de Marguerite, et me laissant tomber devant son lit, je pleurai à chaudes larmes.
我一句话也没说便扑进他怀里,把玛格丽特的信交给他;随后瘫倒在他的床前,放声痛哭起来。