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追风筝的人Les Cerfs-Volants de Kaboul
Chapitre 24
本章 185 组对照 · 第 2/6 页 · 已读 1%Ses pneus crissèrent et ses feux arrière rougeoyèrent dans la pénombre lorsqu’il s’éloigna.
他开车离去时,轮胎发出刺耳的摩擦声,尾灯在暮色中泛着红光。
— Tu m’as fichu une sacrée frousse. Je me baissai à côté de lui en gémissant intérieurement, sans qu’il détache les yeux un seul instant de la mosquée. Shah-Faisal avait la forme d’une tente géante. Des voitures circulaient devant, tandis que des croyants habillés de blanc se succédaient à l’intérieur. Sans un mot, nous écoutâmes l’appel à la prière et observâmes les centaines de lumières de l’édifice s’allumer au fur et à mesure que l’obscurité l’enveloppait. La mosquée étincelait comme un diamant dans le noir. Elle illuminait le ciel. Et le visage de Sohrab.
“你可把我吓坏了。”我强忍着呻吟,在他身边蹲下来,他却始终没有把目光从清真寺上移开。费萨尔国王清真寺形似一顶巨大的帐篷。汽车从前方驶过,身穿白衣的信徒不断走入寺内。我们默默听着宣礼声,看着夜色笼罩下来,建筑上数百盏灯逐一亮起。清真寺像一颗钻石,在黑暗中熠熠生辉。它照亮了天空,也照亮了索拉博的脸。
— Vous êtes déjà allé à Mazar-e-Charif ? m’interrogea Sohrab, le menton sur les genoux. — Il y a longtemps. Je ne sais plus comment était la ville. — Père nous y a emmenés, mère, Sasa et moi, quand j’étais petit. Il m’a acheté un singe sur le bazar. Pas un vrai, mais un de ceux dans lesquels il faut souffler. Marron, avec une cravate.
“你去过马扎里沙里夫吗?”索拉博把下巴搁在膝盖上问我。“很久以前去过。我已经不记得那座城市是什么样了。”“我小时候,爸爸带着妈妈、萨萨和我去过。他在集市上给我买了一只猴子。不是真的猴子,是那种要用嘴吹的玩具。棕色的,还系着领带。”
— J’ai dû en avoir un comme ça à ton âge, moi aussi. — Père m’a montré la mosquée bleue et le tombeau d’Hazrat Ali. Il y avait plein de pigeons à l’extérieur du masjid, et ils n’étaient pas farouches du tout. Sasa m’a donné des morceaux de naan pour que je les nourrisse et ils sont venus roucouler autour de moi. C’était drôle.
“我像你这么大时,大概也有一个。”“爸爸带我去看了蓝色清真寺和哈兹拉特·阿里的陵墓。清真寺外面有好多鸽子,一点也不怕人。萨萨给我一些馕让我喂它们,它们就咕咕叫着围到我身边。特别好玩。”
— Tes parents doivent beaucoup te manquer, remarquai-je. J’ignorais s’il avait été témoin de leur exécution. J’espérais que non. — Les vôtres aussi, ils vous manquent ? lâcha-t-il en tournant la tête vers moi. — Euh… Eh bien, je n’ai pas connu ma mère. Mon père est mort il y a quelques années, et oui, son absence me pèse. Parfois énormément.
“你一定很想念爸爸妈妈。”我说。我不知道他是否亲眼看见他们被处决,只希望没有。“你也想念你的父母吗?”他转头问我。“呃……我从没见过妈妈。爸爸几年前去世了,是的,我很想他。有时想得厉害。”
— Vous vous souvenez bien de lui ? Je revis le cou épais de Baba, ses yeux noirs, ses cheveux bruns ébouriffés. Ses jambes qui me semblaient des troncs d’arbre quand je m’asseyais sur lui.
“你还清楚记得他吗?”我眼前浮现出爸爸粗壮的脖子、黑色的眼睛、蓬乱的棕发。小时候坐在他腿上,他的双腿在我看来就像两根树干。
— Oui, acquiesçai-je. Et aussi de son odeur. — Moi, je commence à oublier leur visage. C’est mal ? — Non, le rassurai-je. C’est le temps qui veut ça. Saisi d’une idée, je plongeai la main dans la poche de mon manteau et en sortis la photo prise par Rahim khan.
“记得。”我点点头,“我还记得他身上的气味。”“我开始忘记他们的脸了。这样是不是很坏?”“不是,”我安慰他,“时间久了都会这样。”我忽然想到一件事,把手伸进大衣口袋,掏出拉辛汗拍的那张照片。
— Regarde. Il approcha le Polaroïd à deux doigts de sa figure et l’orienta de façon que la lumière de la mosquée tombe dessus. Il le contempla un long moment. Je crus qu’il allait éclater en sanglots, mais il n’en fit rien. Il se contenta de le tenir à deux mains, en effleurant la surface avec son pouce.
“看。”他把宝丽来照片举到离脸只有几寸远的地方,调整角度,让清真寺的灯光照在上面。他看了很久。我以为他会放声痛哭,可他没有。他只是双手捧着照片,用拇指轻轻摩挲表面。
Un vers que j’avais lu ou entendu quelque part me revint en mémoire : « Si les enfants sont nombreux en Afghanistan, l’enfance, elle, y est quasi inexistante. » Sohrab me tendit le cliché.
我想起曾在哪里读过或听过的一句话:“阿富汗有许多孩子,却几乎没有童年。”索拉博把照片递还给我。
— Garde-le. Il est à toi. — Merci. Il le scruta de nouveau, puis le fourra dans la poche de son gilet. Une charrette tirée par un cheval passa devant nous dans un claquement de sabots. Des grelots suspendus à l’encolure de l’animal tintaient à chacun de ses pas.
“留着吧。它是你的。”“谢谢。”他又看了一遍,才塞进背心口袋。一辆马车从我们面前经过,马蹄嗒嗒作响。挂在马颈上的小铃铛随着每一步叮当作响。
— Je pense souvent aux mosquées ces derniers temps, déclara Sohrab. — Ah oui ? Pourquoi ? Il haussa les épaules. — Comme ça. (Il redressa complètement la tête, cette fois, et me fixa droit dans les yeux. Il pleurait doucement, en silence.) Je peux vous demander quelque chose, Amir agha ?
“最近我常常想起清真寺。”索拉博说。“是吗?为什么?”他耸耸肩。“没什么原因。”这一次,他把头完全抬起来,直直望进我的眼睛。他在默默流泪。“阿米尔少爷,我可以问你一件事吗?”
— Tout ce que tu veux. — Est-ce que Dieu…, articula-t-il, avant de s’étrangler. Est-ce que Dieu m’enverra en enfer pour ce que j’ai fait à cet homme ?
“什么都可以。”“上帝会不会……”他艰难地开口,声音哽住,“上帝会不会因为我对那个人做的事,把我送进地狱?”
Je l’entourai de mon bras, mais il se recroquevilla. — Nay. Bien sûr que non, lui affirmai-je en m’écartant. J’aurais aimé l’attirer contre moi, le serrer et lui expliquer que c’étaient les autres qui s’étaient montrés cruels envers lui, et pas l’inverse.
我伸手搂住他,他却缩起身子。“不会,当然不会。”我一边保证,一边把手收回来。我真想把他抱紧,告诉他残忍的是别人,不是他。
Ses traits se tordirent malgré ses efforts pour rester stoïque. — Père disait que c’était un péché de blesser les gens, même les méchants. Parce qu’ils ne valent pas mieux après, et aussi parce que certains deviennent bons.
他竭力维持镇定,脸却还是扭曲起来。“爸爸说,伤害别人是一种罪,哪怕对方是坏人。因为伤害不能让他们变好,而且有些坏人后来也会变好。”
— Pas toujours, Sohrab. Il m’interrogea du regard. — Le taliban qui t’a brutalisé, je l’ai connu il y a longtemps. Tu as dû le deviner à la conversation que nous avons eue, lui et moi. Il… il a essayé de me frapper une fois, quand j’avais ton âge, et Hassan l’en a empêché. Ton père était très courageux, il me défendait toujours et me tirait d’affaire quand j’avais des ennuis. Alors un jour, cet homme s’en est pris à lui. D’une manière particulièrement horrible. Et moi…, je n’ai pas pu lui venir en aide.
“不一定,索拉博。”他用目光询问我。“那个虐待你的塔利班,我很久以前就认识。你应该从我们之间的谈话猜到了。他……在我像你这么大时,也曾想打我,是哈桑阻止了他。你爸爸非常勇敢,总是保护我,在我惹麻烦时救我。后来有一天,那个人用一种极其可怕的方式伤害了他。而我……没能帮助他。”
— Comment pouvait-on s’attaquer à père ? balbutia Sohrab d’une petite voix. Il n’a jamais fait de mal à personne.
“怎么会有人伤害爸爸?”索拉博用细小的声音结结巴巴地说,“他从没伤害过任何人。”
— Tu as raison, il était la bonté même. Mais c’est justement là mon propos, Sohrab jan. Il existe de véritables monstres en ce bas monde, et certains ne changent jamais. Alors parfois, il faut s’opposer à eux. Tu as réagi comme j’aurais dû le faire il y a des années. Tu lui as donné la correction qu’il méritait – et encore, elle n’était pas sévère.
“你说得对,他善良到了极点。但这正是我想告诉你的,索拉博。世上真的有怪物,有些人永远不会改变。所以有时候必须站出来反抗他们。你做了我多年前本该做的事。你给了他应得的惩罚——其实还远远不够。”
— Vous croyez que j’ai déçu mon père ? — Je suis sûr que non. Tu m’as sauvé la vie à Kaboul. Je sais qu’il est très fier de toi. Sur ses lèvres s’était formée une bulle de salive, qui éclata lorsqu’il s’essuya le visage avec sa manche. Il sanglota ensuite longuement, caché derrière ses mains.
“你觉得我让爸爸失望了吗?”“我确信没有。你在喀布尔救了我的命。我知道他一定非常为你骄傲。”他的嘴唇上鼓起一个唾液泡,抬袖擦脸时破了。随后他用双手捂着脸,哭了很久。
— Père me manque. Et mère aussi, bafouilla-t-il enfin. Et puis Sasa et Rahim khan. Mais parfois, je suis content qu’ils ne soient… qu’ils ne soient plus là.
“我想爸爸,也想妈妈,”他终于含混地说,“还想萨萨和拉辛汗。可有时候,我又庆幸他们……庆幸他们已经不在了。”
— Pourquoi ? — Parce que…, lâcha-t-il entre deux pleurs, parce que je ne voudrais pas qu’ils me voient… si souillé.
“为什么?”“因为……”他抽泣着说,“因为我不想让他们看到我……变得这么——”“肮脏。”
Il eut un hoquet, puis se confessa dans un cri : — Je me sens si sale, si plein de péchés. — Tu n’es pas sale, Sohrab. — Ces hommes… — Tu n’es pas sale du tout. — Ils m’ont fait des choses… le méchant et les deux autres… ils m’ont fait des choses… — Tu n’es pas sale, insistai-je. Il voulut m’éviter lorsque je tendis de nouveau le bras vers lui, mais je l’attrapai doucement. — Tu n’as rien à craindre de moi, lui murmurai-je. Je te le promets. Il résista un peu, avant de céder et d’appuyer la tête sur ma poitrine. Des spasmes secouaient son petit corps à chaque sanglot.
他打了个哭嗝,忽然喊着坦白道:“我觉得自己好脏,满身都是罪。”“你不脏,索拉博。”“那些人……”“你一点也不脏。”“他们对我做了那些事……那个坏人,还有另外两个……他们对我做了那些事……”“你不脏。”我坚持说。我再次伸手时,他想躲开,但我温柔地抓住了他。“你不用害怕我,”我低声说,“我保证。”他稍微挣扎了一下,终于放弃抵抗,把头靠在我胸口。他每哭一声,瘦小的身体就抽搐一下。
Un sentiment de fraternité unit les enfants nourris au même sein. Alors que la douleur de Sohrab s’infiltrait en moi, je compris que nous avions développé tous deux une relation similaire. Ce qui s’était produit à Kaboul avec Assef nous avait irrévocablement liés l’un à l’autre.
吃同一个人的奶长大的孩子之间,会形成一种兄弟般的纽带。索拉博的痛苦渗入我心里时,我明白我们之间也形成了类似的联系。喀布尔发生的那一切,以及阿塞夫,把我们永远绑在了一起。
Des jours durant, j’avais attendu le bon moment pour poser ma question. Celle qui bourdonnait dans ma tête et me tenait éveillé la nuit. Je choisis cet instant-là, cet endroit-là, dans la lumière éclatante que déversait sur nous la maison de Dieu.
好几天来,我一直等待合适的时机问出那个问题。它在我脑中嗡嗡作响,让我夜不能寐。我选择了此时此地,在上帝之家洒落在我们身上的明亮灯光中开口。
— Que dirais-tu de venir vivre aux États-Unis avec ma femme et moi ? Il ne répondit pas. Il continua à pleurer contre moi, et je le laissai s’abandonner à son chagrin.
“你愿不愿意去美国,和我还有我妻子一起生活?”他没有回答,只是靠在我身上继续哭。我任由他沉浸在悲伤里。
Pendant une semaine, aucun de nous ne mentionna ma proposition, comme si je ne l’avais jamais formulée. Jusqu’au jour où Sohrab et moi prîmes un taxi pour nous rendre à Daman-e-Koh – l’« Ourlet de la montagne ». Perché à mi-hauteur des collines Margalla, ce lieu offre un beau point de vue sur Islamabad, ses avenues nettes bordées d’arbres et ses demeures blanches. Le chauffeur jura que l’on distinguait le palais présidentiel de là-haut.
整整一周,我们谁也没有再提我的建议,仿佛我从未说过。直到有一天,我和索拉博乘出租车去了达曼科赫——意为“山之裙边”。它位于马尔加拉山半山腰,可以俯瞰伊斯兰堡,看到整齐的林荫大道和白色住宅。司机信誓旦旦地说,从那里甚至能看见总统府。
— Quand il a plu et que le temps est clair, le panorama s’étend même au-delà de Rawalpindi. Dans le rétroviseur, ses yeux effectuaient un va-et-vient incessant entre Sohrab et moi. J’y voyais mon visage aussi. Il n’était plus aussi enflé qu’avant, mais mes diverses contusions lui conféraient une teinte jaunâtre à présent qu’elles s’estompaient.
“下过雨、天气晴朗时,视野甚至能越过拉瓦尔品第。”后视镜里,他的目光不断在我和索拉博之间来回。我也看见了自己的脸。肿胀已经消退不少,但随着瘀伤渐渐褪去,我的脸呈现出一片发黄的颜色。
Nous nous assîmes sur un banc de l’une des aires de pique-nique, à l’ombre d’un gommier. La journée était chaude, le soleil au zénith dans un ciel bleu topaze. À proximité de nous, des familles se régalaient de samosas et de pakoras. Ailleurs, une radio diffusait une chanson en hindi qu’il me sembla reconnaître pour l’avoir entendue dans un vieux film, peut-être Pakeeza. Des enfants, pas plus âgés que Sohrab pour la plupart, jouaient au foot, riaient, criaient. Je songeai à l’orphelinat de Karteh-Seh, au rat qui avait détalé entre mes pieds dans le bureau de Zaman. Une vague de colère monta en moi devant la manière dont mes compatriotes détruisaient leur propre pays.
我们坐在一处野餐区的长椅上,头顶是一棵桉树的树荫。天气炎热,太阳高悬在黄玉般湛蓝的天空中央。附近的家庭正享用萨莫萨和炸蔬菜饼。某处收音机播放着一首印地语歌曲,我似乎在一部老电影里听过,也许是《纯洁》。孩子们大多不比索拉博年长,踢着足球,笑着、喊着。我想起卡尔特塞的孤儿院,想起扎曼办公室里从我脚边窜过的老鼠。想到同胞们亲手毁掉自己的国家,一股怒火涌上心头。
— Quoi ? s’inquiéta Sohrab. Je me forçai à sourire et l’assurai que tout allait bien. Nous dépliâmes sur la table l’une des serviettes de l’hôtel pour entamer une partie de panjpar. Je savourais pleinement le plaisir de disputer une partie de cartes dans un tel cadre avec le fils de mon demi-frère, la nuque réchauffée par les rayons du soleil. La chanson se termina, bientôt suivie d’une autre, qui m’était inconnue celle-là.
“怎么了?”索拉博担心地问。我强迫自己笑笑,告诉他没事。我们把旅馆的一条毛巾铺在桌上,开始玩潘杰帕尔牌。在这样的环境中,和同父异母兄弟的儿子一起打牌,阳光温暖着后颈,我由衷感到快乐。那首歌结束了,随后响起另一首我没听过的歌。
— Regardez ! s’écria Sohrab en pointant ses cartes vers le ciel. Je levai la tête et aperçus un faucon qui décrivait de grands cercles dans l’azur. — Je ne me doutais pas qu’il y avait des faucons à Islamabad, m’étonnai-je. — Moi non plus, fit-il en observant le vol de l’oiseau. Vous en avez aussi chez vous ? — À San Francisco ? Sans doute, même si je dois admettre que je n’en ai pas vu beaucoup. — Oh. J’espérais d’autres questions, mais il distribua les cartes en me demandant juste si l’on pouvait manger. J’ouvris notre sac en papier et lui donnai son sandwich aux boulettes de viande. Une fois de plus, mon repas à moi consistait en une tasse de bananes et d’oranges broyées – j’avais loué le mixeur de Mme Fayyaz pour la semaine. J’aspirai le jus avec ma paille. Ma bouche se remplit du mélange sucré, dont une partie dégoulina de la commissure de mes lèvres. Sohrab me sortit une serviette afin que je puisse m’essuyer. Je souris, et lui aussi.
“看!”索拉博举着牌指向天空。我抬头看见一只鹰在蔚蓝天幕上盘旋。“没想到伊斯兰堡还有鹰。”我说。“我也不知道。”他仰头追随着那只鸟,“你们那里也有吗?”“旧金山吗?应该有,不过我得承认没见过多少。”“哦。”我本以为他还会继续问,可他只是开始发牌,问我们能不能吃东西。我打开纸袋,把肉丸三明治递给他。我的午餐仍是一杯打碎的香蕉和橙子——我向法亚兹太太租了一周搅拌机。我用吸管吸果汁,甜腻的果泥充满口腔,还有一些从嘴角流了下来。索拉博抽出一张餐巾递给我。我笑了,他也笑了。
— Ton père et moi étions frères. J’avais prononcé ces mots sans réfléchir. Déjà, le soir où nous avions discuté devant la mosquée, j’avais failli le mettre au courant, avant de renoncer. Mais il avait le droit de savoir. J’en avais assez des secrets.
“你爸爸和我是兄弟。”这句话未经思考便脱口而出。其实在清真寺前谈话的那晚,我几乎就告诉了他,却临时作罢。但他有权知道。我已经厌倦秘密。
— Demi-frères, en fait, précisai-je. Nous avions le même père. Il s’arrêta de mâcher et reposa son sandwich. — Il ne m’en a jamais parlé. — Il l’ignorait. — Pourquoi ? — Personne ne le lui a dit. Ni à moi d’ailleurs. Je ne l’ai découvert que très récemment. Sohrab cligna des paupières, comme s’il me voyait – me voyait vraiment – pour la toute première fois.
“准确地说,是同父异母的兄弟。我们有同一个父亲。”他停止咀嚼,放下三明治。“他从没跟我说过。”“他不知道。”“为什么?”“没人告诉他。也没人告诉我。我也是最近才知道。”索拉博眨了眨眼,仿佛第一次真正看见我。
— Mais pourquoi ? — Je me suis interrogé moi aussi et j’ai trouvé une réponse, bien qu’elle ne soit guère satisfaisante. On nous a caché la vérité sous prétexte que ton père et moi… n’étions pas censés être frères.
“可是为什么?”“我也一直在问自己,后来找到一个答案,虽然并不令人满意。真相之所以被隐瞒,是因为你爸爸和我……在别人眼里本来就不该是兄弟。”