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追风筝的人Les Cerfs-Volants de Kaboul
Chapitre 24
本章 185 组对照 · 第 3/6 页 · 已读 1%— Parce que c’était un Hazara ? Je me forçai à ne pas détourner les yeux. — Oui. — Votre père… Il vous aimait autant tous les deux ? Je me rappelai une excursion au lac Kargha, des années plus tôt. Baba s’était autorisé à donner une tape amicale dans le dos à Hassan après qu’il eut réussi un plus grand nombre de ricochets que moi. Et je me le représentai à l’hôpital, le jour où l’on avait ôté les pansements qui recouvraient les lèvres d’Hassan.
“因为他是哈扎拉人?”我强迫自己不移开目光。“是。”“你们的父亲……同样爱你们两个吗?”我想起多年前去卡尔加湖的一次郊游。哈桑打水漂比我多,爸爸允许自己亲昵地拍了拍他的背。我又想起医院里,医生揭下哈桑唇部绷带的那一天。
— Je crois qu’il nous aimait autant, mais différemment. — Il avait honte de mon père ? — Non. Plutôt de lui-même, à mon avis. Il reprit son sandwich et le grignota en silence. Lorsque nous rentrâmes en fin d’après-midi, agréablement épuisés par la chaleur, je sentis le regard de Sohrab sans cesse posé sur moi. En chemin, je priai le chauffeur de s’arrêter devant un magasin qui vendait des cartes de téléphone et lui remis de l’argent, auquel j’ajoutai un pourboire, pour qu’il m’en achète une.
“我想他同样爱我们,只是爱的方式不同。”“他以我爸爸为耻吗?”“不。我觉得他更以自己为耻。”索拉博重新拿起三明治,默默地一点点吃。傍晚回去时,我们被热气折腾得疲惫却舒畅,我一路都感觉索拉博在看我。途中,我让司机停在一家卖电话卡的商店前,给了他钱,还加了小费——让他替我买一张。
Ce soir-là, étendus sur nos lits, nous suivîmes un talk-show à la télévision. Deux religieux à la longue barbe grise et coiffés d’un turban blanc répondaient à des appels émanant de fidèles du monde entier. Un dénommé Ayub, qui vivait en Finlande, s’alarmait au sujet de son fils : l’adolescent portait ses pantalons larges si bas sur les hanches que son slip dépassait. Risquait-il d’aller en enfer ?
那天晚上,我们躺在各自床上看电视谈话节目。两名留着灰白长胡子、戴白色头巾的宗教学者,接听世界各地信徒打来的电话。一个住在芬兰、名叫阿尤布的人为儿子忧心忡忡:那少年把宽松裤子穿得太低,连内裤都露出来了。他会因此下地狱吗?
— On m’a montré une photo de San Francisco une fois, m’informa Sohrab. — Vraiment ? — Il y avait un pont rouge et un bâtiment avec un toit tout pointu. — Les rues aussi valent le détour, tu sais. — Qu’est-ce qu’elles ont de spécial ? À l’écran, les deux mollahs se consultaient. — Elles sont si pentues que quand on les monte, on n’aperçoit que le capot de sa voiture et le ciel.
“有人曾给我看过一张旧金山的照片。”索拉博说。“真的?”“照片里有一座红色的桥,还有一栋尖顶建筑。”“那里的街道也很值得看。”“有什么特别?”屏幕上,两位毛拉正低声商议。“坡特别陡,开车上坡时,只能看见车头和天空。”
— Ça doit faire peur. Il roula vers moi, se désintéressant de l’émission. — Les premières fois, en effet. Mais on s’y habitue. — Il neige là-bas ? — Non. Par contre, il y a beaucoup de brouillard. Ce pont rouge que tu as vu, par exemple… — Oui ? — Parfois, la brume est si épaisse le matin qu’on ne distingue plus que le sommet des deux grands piliers.
“听起来很吓人。”他翻身朝向我,不再理会电视。“头几次确实吓人,不过会习惯。”“那里下雪吗?”“不下。但雾很多。你看过的那座红桥……”“嗯?”“有些早晨雾特别浓,只能看见两根大桥柱的顶端。”
— Oh ! fit-il, émerveillé. — Sohrab ? — Oui ? — Tu as réfléchi à ce que je t’ai proposé ? Son sourire s’évanouit. Il s’allongea sur le dos. Croisa les mains derrière la tête. Les mollahs venaient de décréter que le fils d’Ayub irait effectivement en enfer pour avoir porté ses pantalons trop bas. C’était stipulé par un hadith6, assuraient-ils.
“哇。”他惊叹道。“索拉博?”“嗯?”“你想过我的提议了吗?”他的笑容消失了。他仰面躺下,双手枕在脑后。电视里的两名毛拉刚裁定,阿尤布的儿子确实会因为裤子穿得太低而下地狱。他们说,一则圣训就是这么规定的。
— Oui, répondit Sohrab. — Et ? — J’ai peur. — Je comprends, concédai-je en m’accrochant à ce mince espoir. Mais tu apprendras vite l’anglais et tu te feras à…
“想过了。”索拉博回答。“那你的决定呢?”“我害怕。”“我明白,”我抓住这点微弱的希望,“不过你会很快学会英语,也会适应……”
— Non, ce n’est pas ce que je voulais dire – même si j’ai aussi peur de ça… — Alors, je t’écoute. Il bascula de nouveau sur le côté et ramena ses genoux contre lui. — Et si vous vous lassez de moi ? Si votre femme ne m’aime pas parce que je suis… ? Je me levai de mon lit et traversai l’espace qui nous séparait pour m’asseoir à côté de lui. — Je ne me lasserai jamais de toi, Sohrab. Jamais. Je te le promets. Tu es mon neveu, rappelle- toi. Et Soraya jan est très gentille. Crois-moi, elle va t’adorer.
“不,我不是说这个——虽然我也怕这些。”“那你说吧。”他又侧过身,双膝蜷到胸前。“要是你们厌倦了我怎么办?要是你妻子因为我是……而不喜欢我怎么办?”我从自己的床上起来,走过去坐在他身边。“我永远不会厌倦你,索拉博。永远不会。我保证。别忘了,你是我的侄子。索拉娅也非常善良,相信我,她一定会非常喜欢你。”
Je m’aventurai à saisir sa main et la serrai entre les miennes. Il se raidit un peu, mais ne la dégagea pas.
我试探着握住他的手,把它夹在自己双掌之间。他身体微微僵了一下,却没有把手抽走。
— Je n’ai pas envie de retourner dans un orphelinat, me confia-t-il. — Je ne le permettrai pas, juré. Rentre avec moi. Ses larmes trempaient l’oreiller. Il resta muet un long moment. Puis sa main pressa la mienne. Et il acquiesça.
“我不想再回孤儿院。”他低声说。“我不会让你回去,我发誓。跟我回家吧。”泪水浸湿了他的枕头。他沉默了很久。随后,他的手握紧了我的手,点了点头。
La communication fut établie à la quatrième tentative. Le téléphone sonna trois fois avant qu’elle décroche.
第四次尝试时,电话终于接通。铃响了三声,她才接起。
— Allô ? Il était dix-neuf heures trente à Islamabad, soit à peu près sept heures et demie en Californie. Soraya devait donc être debout depuis une heure et s’apprêter à partir donner ses cours.
“喂?”伊斯兰堡是晚上七点半,加利福尼亚大约早上七点半。索拉娅应该已经起床一小时,正准备出门去上课。
— C’est moi. J’étais assis sur mon lit, d’où je regardais Sohrab dormir. — Amir ! cria-t-elle presque. Tout va bien ? Où es-tu ? — Je suis au Pakistan. — Pourquoi tu n’as pas appelé plus tôt ? J’étais folle d’angoisse ! Ma mère prie pour toi et accomplit un nazr tous les jours.
“是我。”我坐在床上,看着索拉博睡觉。“阿米尔!”她几乎喊了起来,“你没事吧?你在哪里?”“我在巴基斯坦。”“你为什么不早点打电话?我都快急疯了!妈妈每天都为你祈祷,还天天许愿献祭。”
— Désolé. Oui, je vais bien maintenant. (Je lui avais parlé de m’absenter une semaine, deux tout au plus, mais j’avais quitté les États-Unis depuis près d’un mois.) Dis à khala Jamila d’arrêter de massacrer des moutons.
“对不起。我现在已经没事了。”我原本告诉她只离开一周,最多两周,但其实已经离开美国将近一个月。“告诉贾米拉姨妈,别再杀羊了。”
— Qu’est-ce que ça signifie « Je vais bien maintenant » ? Et pourquoi ta voix est-elle toute bizarre ?
“什么叫‘现在已经没事了’?你的声音为什么这么奇怪?”
— Ne t’inquiète pas, ce n’est rien. Je t’assure. Soraya, j’ai une histoire à te raconter, une histoire que tu aurais dû entendre il y a longtemps. Seulement d’abord, il faut que je t’avertisse d’un détail.
“别担心,没什么。我保证。索拉娅,我有一个故事要告诉你,一个你早就该知道的故事。不过在讲之前,我得先告诉你一件事。”
— Lequel ? s’enquit-elle prudemment un ton plus bas. — Je ne rentrerai pas seul, mais avec un petit garçon. (Je me tus un instant.) Je veux qu’on l’adopte.
“什么事?”她警惕地问,声音低了些。“我不会一个人回去,还会带一个小男孩。”我停顿了一下,“我想让我们收养他。”
— Quoi ? Je jetai un coup d’œil à ma montre. — Je ne dispose plus que de cinquante-sept minutes sur cette fichue carte de téléphone et j’ai tant de choses à te révéler. Assieds-toi quelque part.
“什么?”我看了一眼手表。“这张该死的电话卡只剩五十七分钟,而我要告诉你的事情太多了。先找个地方坐下。”
En arrière-fond retentit le bruit d’une chaise que l’on traînait vivement sur le parquet. — Vas-y, déclara-t-elle. Je fis alors ce que je n’avais jamais osé en quinze ans de mariage : j’avouai tout à ma femme. Tout. Je m’étais imaginé cette scène bien des fois, je l’avais redoutée, mais à mesure que je me livrais à Soraya, je me sentais soulagé d’un fardeau. Je supposai qu’elle avait vécu une expérience similaire la nuit de notre khastegari, quand elle m’avait dévoilé son passé.
背景里响起椅子在木地板上急促拖动的声音。“说吧。”她说。于是,我做了十五年婚姻中从未敢做的事:我向妻子坦白了一切。全部。我曾无数次想象这一幕,也无数次恐惧它;可随着我不断向索拉娅倾诉,我感到肩上的重担一点点卸下。我猜她在我们订婚求亲的那晚向我讲述自己过去时,也有过类似感受。
À la fin de mon récit, elle pleurait. — Alors ? hasardai-je. — Je ne sais pas quoi penser, Amir. Tu m’en apprends tellement tout d’un coup. — Je m’en doute. Elle se moucha. — Mais il faut que tu le ramènes à la maison, c’est évident. Je te le demande.
故事讲完时,她已经哭了。“那么?”我试探着问。“我不知道该怎么想,阿米尔。你一下子告诉我这么多。”“我知道。”她擤了擤鼻子。“但你必须把他带回家,这还用说吗?我求你带他回来。”
— Tu es sûre ? — Si je suis sûre ? Amir, il fait partie de ta qaom, ta famille, et donc de la mienne. Évidemment, j’en suis sûre. Tu ne peux pas l’abandonner. (Elle marqua une brève pause.) Comment est-il ?
“你确定?”“我确定?阿米尔,他属于你的家族,也就属于我的家族。我当然确定。你不能抛下他。”她停顿了一下,“他是个怎样的孩子?”
Je contemplai Sohrab, toujours endormi sur son lit. — Très gentil, avec quelque chose de solennel en lui. — Comment le lui reprocher ? J’ai envie de faire sa connaissance, Amir. Sincèrement. — Soraya ? — Oui ? — Dostet darum. Je t’aime. — Je t’aime moi aussi, répondit-elle avec un sourire dans la voix. Et sois prudent. — Promis. Un dernier point : ne dis pas à tes parents qui il est. Si quelqu’un doit leur expliquer, c’est moi.
我望着仍在床上熟睡的索拉博。“非常善良,身上还有一种庄重的气质。”“他经历了这些,怎么可能不庄重?我想见见他,阿米尔。真心的。”“索拉娅?”“嗯?”“我爱你。”“我也爱你。”她的声音里带着笑意,“你要小心。”“我保证。还有一件事:先别告诉你父母他是谁。要解释的话,由我来。”
— D’accord. Nous raccrochâmes.
“好。”我们挂了电话。
L’ambassade américaine d’Islamabad pouvait s’enorgueillir de posséder une pelouse tondue avec soin, parsemée de plants de fleurs circulaires et bordée de haies taillées au cordeau. Le bâtiment ressemblait à la plupart des autres : toit en terrasse et murs blancs. Il nous fallut franchir plusieurs barrages routiers pour y parvenir, et trois officiers de sécurité différents me soumirent à une fouille corporelle après que l’attelle de ma mâchoire eut déclenché l’alarme de leurs détecteurs de métaux. Enfin, nous entrâmes. Après la chaleur de l’extérieur, l’air conditionné me fit l’effet d’un seau d’eau glacée jeté en pleine figure. La secrétaire à l’accueil me sourit lorsque je déclinai mon identité. Avec son chemisier beige et son pantalon noir, cette blonde d’une cinquantaine d’années au visage maigre était la première femme que je ne voyais pas vêtue d’une burqa ou d’un shalwar-kameez depuis des semaines. Elle consulta la liste des rendez-vous en tapotant le bout de gomme de son crayon sur le bureau. Dès qu’elle eut trouvé mon nom, elle m’invita à m’asseoir.
伊斯兰堡的美国大使馆有一片修剪整齐的草坪,点缀着圆形花坛,四周是修剪得笔直的树篱。大楼和附近大多数建筑一样,有平屋顶和白色墙壁。我们经过多道路障才抵达,三名不同的安保人员都给我搜了身,因为固定下巴的金属支架触发了探测器。终于进到里面,室外的热气之后,空调冷风像一桶冰水迎面泼来。前台秘书听到我的名字后朝我微笑。她五十多岁,金发,瘦脸,穿米色衬衫和黑裤子,是我几周来见到的第一个没有穿罩袍或沙尔瓦卡米兹的女人。她一边用铅笔橡皮头敲桌面,一边查看预约名单。找到我的名字后,请我坐下等候。
— Désirez-vous une limonade ? — Pas pour moi, merci. — Et votre fils ? — Pardon ? — Ce beau jeune homme, ajouta-t-elle à l’adresse de Sohrab. — Oh, vous seriez très aimable, merci. Nous prîmes place sur le canapé de cuir noir situé en face de la réception, à côté d’un grand drapeau américain. Sohrab s’empara d’un magazine sur la table basse en verre et se mit à le feuilleter en accordant à peine un coup d’œil aux images.
“要喝柠檬水吗?”“我不用,谢谢。”“你儿子呢?”“什么?”“这位漂亮的小伙子。”她朝索拉博说道。“哦,那太感谢了。”我们坐到接待台对面的黑色皮沙发上,旁边立着一面巨大的美国国旗。索拉博拿起玻璃茶几上的一本杂志开始翻,几乎不看里面的图片。
— Quoi ? lança-t-il soudain. — Hein ? — Vous souriez. — Je pensais à toi. Il grimaça nerveusement et choisit une autre revue, qu’il parcourut en moins de trente secondes. — Pas de panique, dis-je en lui effleurant le bras. Ces gens-là sont sympathiques. Détends-toi. J’aurais eu bien besoin de suivre ce conseil, moi aussi. Je ne cessais de m’agiter, de délacer et
“怎么了?”他突然问。“什么?”“你在笑。”“我在想你。”他不自在地皱皱脸,换了一本杂志,不到三十秒就翻完了。“别紧张。”我轻轻碰了碰他的手臂,“这里的人都很友善,放松点。”其实我自己也很需要听从这条建议。我不停扭动身体,一会儿解开鞋带——
de relacer mes chaussures. Puis la secrétaire lui apporta un grand verre de limonade avec des glaçons.
一会儿又系上。随后,秘书给他端来一大杯加冰的柠檬水。
— Voilà ! — Merci beaucoup, ânonna timidement Sohrab en anglais. Dans sa bouche, ces deux mots donnaient quelque chose comme « meu-ci po-cou ». C’était la seule expression qu’il connaissait dans cette langue, en dehors de : « Je vous souhaite une bonne journée. »
“给你。”“非常感谢。”索拉博用英语怯生生地说。那两个词从他嘴里说出来,听起来近似“门西波古”。除了“祝你今天愉快”,这是他唯一会说的英语。
L’hôtesse éclata de rire. — Mais de rien ! Et elle rejoignit son bureau, ses talons hauts claquant sur le sol. — Je vous souhaite une bonne journée, conclut Sohrab.
女接待员笑了。“不客气!”她高跟鞋在地面上咔嗒作响,走回办公桌。“祝你今天愉快。”索拉博又补了一句。
J’eus l’impression d’étrangler un moineau lorsque la main d’enfant aux ongles soignés de Raymond Andrews serra brièvement la mienne. Notre sort dépend du bon vouloir de cet homme, ruminai-je tandis que Sohrab et moi nous asseyions face à lui. Une affiche des Misérables était punaisée au mur derrière lui, ainsi qu’une carte topographique des États-Unis. Sur le rebord de la fenêtre, un pot de plants de tomates baignait en plein soleil.
雷蒙德·安德鲁斯那只指甲修剪整齐、像孩子一样的小手短暂握住我时,我感觉仿佛掐住了一只麻雀。我和索拉博在他对面坐下时,我心里不断想着:我们的命运掌握在这个人手中。他身后的墙上钉着一张《悲惨世界》海报和一幅美国地形图。窗台上,一盆番茄苗沐浴在阳光里。
— Cigarette ? m’offrit-il d’une voix de baryton qui détonnait par rapport à sa petite taille. — Non merci, refusai-je, sans apprécier le fait qu’il avait presque snobé Sohrab et qu’il ne me regardait pas en me parlant.
“抽烟吗?”他用男中音问,那声音与他矮小的身材很不相称。“不用,谢谢。”我说。他几乎完全忽略索拉博,而且说话时也不看我,这让我很不舒服。
Il ouvrit un tiroir et sortit un paquet à demi vide pour s’en allumer une. Il attrapa ensuite un flacon et, cigarette au bec, se frictionna les mains de lotion en considérant ses tomates. Puis il referma le tiroir, posa les coudes sur son bureau et exhala.
他拉开抽屉,取出半空的烟盒,点燃一支。随后又拿出一瓶乳液,叼着烟揉搓双手,同时看着窗边的番茄苗。接着他关上抽屉,把肘部支在桌上,吐出一口烟。