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追风筝的人Les Cerfs-Volants de Kaboul
Chapitre 25
本章 135 组对照 · 第 3/5 页 · 已读 1%Nous avons regagné notre maison il y a environ sept mois, par une chaude journée d’août 2001. Soraya était venue nous chercher à l’aéroport. Jamais je n’étais resté éloigné d’elle aussi longtemps, et lorsqu’elle enroula ses bras autour de mon cou, lorsque je humai l’odeur de pomme de ses cheveux, je compris combien elle m’avait manqué.
大约七个月前,一场炎热的八月天里,我们回到了家。那是二〇〇一年。索拉雅来机场接我们。我从未离开她这么久。当她把手臂环住我的脖子,当我闻见她头发里的苹果香气时,我才明白自己有多么想她。
— Tu es toujours le soleil de mon yelda, lui murmurai-je à l’oreille. — Comment ? — Non, rien. Elle plia ensuite les genoux pour se mettre à la hauteur de Sohrab. — Salaam, Sohrab jan, le salua-t-elle en lui prenant la main. Je suis ta khala Soraya. Nous t’attendions tous.
“你依然是我漫漫长夜里的太阳。”我在她耳边低声说。“什么?”“没什么。”随后她屈膝蹲下,让自己与索拉博一样高。“萨拉姆,索拉博jan。”她握住他的手说,“我是你的索拉雅khala。我们一直在等你。”
À la vue de son sourire et des larmes dans ses yeux, j’eus un aperçu de la mère qu’elle aurait pu être si le destin l’avait voulu.
看到她的笑容和眼中的泪水,我仿佛看见了命运若曾允许,她本可以成为的那种母亲。
Sohrab se dandina et détourna son regard.
索拉博扭动身体,把目光移开。
Une fois chez nous, Soraya le conduisit à sa chambre, qu’elle avait aménagée dans notre bureau, à l’étage. Sohrab s’assit au bord du lit. Les draps avaient pour motifs des cerfs-volants aux couleurs éclatantes sur fond de ciel bleu indigo. Des inscriptions figuraient sur le mur, près du placard, avec des graduations en centimètres pour permettre de mesurer sa croissance. Des livres, une locomotive et un coffret à aquarelle étaient rangés dans un panier en osier au pied du lit.
回到家后,索拉雅带他去楼上的房间,那是她把我们的书房改造而成的。索拉博在床沿坐下。床单上印着靛蓝天空和色彩鲜艳的风筝。衣柜旁的墙上画着以厘米为单位的刻度,用来记录他的身高。书、一辆玩具火车和一套水彩颜料放在床脚的藤篮里。
Sohrab portait le tee-shirt blanc et le jean que je lui avais achetés à Islamabad avant notre départ – le premier un peu trop large pour ses maigres épaules. À l’exception de cernes noirs sous ses yeux, son visage n’avait toujours pas recouvré la moindre couleur, et il exprimait la même impassibilité face à nous que devant ses assiettes de riz à l’hôpital.
索拉博穿着我们离开前我在伊斯兰堡给他买的白色T恤和牛仔裤——T恤套在他瘦削的肩膀上稍微有些宽大。除了眼睛下方的黑眼圈,他的脸依然没有恢复一点血色;看着我们时,他和在医院面对一盘盘米饭时一样毫无表情。
Soraya s’inquiéta de savoir si cette décoration lui plaisait, et je remarquai que, malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à détacher les yeux des cicatrices roses irrégulières sur ses poignets. Sohrab baissa la tête, cacha ses mains sous ses cuisses et garda le silence. Puis il s’allongea tout bonnement. Moins de cinq minutes plus tard, il ronflait.
索拉雅问他喜不喜欢房间的布置。我注意到,尽管她努力克制,目光仍无法从他手腕上那些不规则的粉红色伤疤移开。索拉博低下头,把双手压在大腿下面,一言不发。随后他干脆躺下。不到五分钟,他便发出鼾声。
Nous allâmes nous coucher. Soraya s’endormit sur ma poitrine, tandis que je restais éveillé dans l’obscurité, en proie une fois encore à l’insomnie. Éveillé. Et seul avec mes démons.
我们回房睡觉。索拉雅枕着我的胸口睡着了,我却躺在黑暗中,又一次失眠。醒着。独自面对我的恶魔。
Au cours de la nuit, je me glissai hors du lit et marchai jusqu’à la chambre de Sohrab. Debout près de lui, je remarquai un carré de papier sous son oreiller. Je le tirai à moi. C’était le Polaroïd de Rahim khan, celui que j’avais donné à Sohrab le soir où nous avions discuté devant la mosquée Shah-Faisal. Celui où Hassan et lui se tenaient côte à côte, éblouis par le soleil, en souriant comme si le monde était un lieu bon et juste. Combien de temps avait-il passé à la contempler, à la tourner entre ses mains ?
夜里,我悄悄下床,走进索拉博的房间。站在床边,我发现他的枕头下露出一角纸片。我把它抽出来。那是拉辛汗留下的拍立得照片,就是我和索拉博在费萨尔清真寺前谈话的那个夜晚交给他的照片。照片里,他和哈桑并肩站着,被阳光照得眯起眼睛,笑得仿佛这个世界善良而公正。他花了多少时间凝视这张照片,把它在手中翻来覆去?
J’étudiai la photo. Ton père était un homme déchiré entre deux moitiés , m’avait écrit Rahim khan dans sa lettre. J’avais été l’enfant légitime, reconnu par la société, l’incarnation involontaire du sentiment de culpabilité de Baba. Je regardai Hassan. L’autre moitié. L’enfant illégitime, défavorisé. L’héritier de tout ce qu’il y avait de pur et de noble chez Baba. Celui que, peut-être, au plus profond de lui-même, il avait considéré comme son vrai fils.
我端详照片。你父亲是一个被两半撕裂的人,拉辛汗在信里这样写过。我是婚生子,是社会承认的孩子,也是爸爸内疚感无意间的化身。我看向哈桑。另一半。那个私生的、处处处于劣势的孩子。他继承了爸爸身上一切纯洁而高贵的东西。也许在爸爸内心最深处,他才是爸爸认定的真正儿子。
Je remis le cliché à sa place et pris alors conscience d’une chose : ma dernière pensée ne s’était accompagnée d’aucun pincement au cœur. En refermant la porte, je me demandai si c’était ainsi que naissait le pardon – non en fanfare à l’occasion d’une épiphanie, mais à partir du moment où la douleur rassemblait ses affaires et pliait discrètement bagage au milieu de la nuit.
我把照片放回原处,忽然意识到一件事:刚才那个念头并没有给我带来丝毫刺痛。关上门时,我想,也许宽恕就是这样发生的——不是在某次顿悟中伴随号角与喧嚣降临,而是当痛苦收拾好行李,在夜色里悄无声息地离开。
Le général et khala Jamila vinrent dîner le lendemain soir. Les cheveux courts, d’un roux un peu plus soutenu qu’à l’ordinaire, khala Jamila tendit à Soraya le maghout saupoudré aux amandes qu’elle avait cuisiné pour le dessert. Son visage s’éclaira à la vue de Sohrab.
第二天晚上,将军和贾米拉khala来吃饭。贾米拉khala的头发剪短了,红色比平时更浓一些。她把自己为甜点做的、撒着杏仁的maghout递给索拉雅。看到索拉博,她整张脸都亮了起来。
— Mashallah ! Tu es encore plus khoshteep que nous l’avait dit Soraya jan. (Elle lui offrit un pull à col roulé bleu.) Je t’ai tricoté ça pour l’hiver prochain. Inch’Allah, il t’ira.
“Mashallah!你比索拉雅jan说的还要khoshteep,还要英俊。”(她递给他一件蓝色高领毛衣。)“这是我给你织的,明年冬天穿。Inch’Allah,希望合身。”
— Bonjour, jeune homme, se contenta de déclarer le général, appuyé des deux mains sur sa canne, en le dévisageant comme il aurait examiné un objet décoratif bizarre.
“你好,年轻人。”将军只说了这一句。他双手撑着手杖,打量索拉博的样子,仿佛在审视一件古怪的装饰品。
Je répondis patiemment aux nombreuses questions de khala Jamila sur mes blessures – conséquences d’une agression, ainsi que leur avait expliqué Soraya, en accord avec moi. Je l’assurai que je ne souffrirais d’aucune séquelle, que d’ici quelques semaines, on libèrerait ma mâchoire immobilisée, que je pourrais ensuite de nouveau savourer ses petits plats et que, oui, je frotterais mes cicatrices avec du jus de rhubarbe sucré pour qu’elles s’estompent plus rapidement.
我耐心回答了贾米拉khala关于伤势的一连串问题——按照我和索拉雅商定的说法,那些伤是我遭到袭击造成的。我向她保证不会留下任何后遗症,几周后固定下颌的装置就会拆除,之后我又能品尝她做的美食;而且,是的,我会用甜大黄汁擦伤疤,让它们更快淡去。
Puis le général et moi nous assîmes dans le salon autour d’un verre de vin tandis que Soraya et sa mère mettaient la table. Je lui parlai de Kaboul et des talibans, éludant toutefois les exécutions au stade Ghazi ainsi que mon entrevue avec Assef. Sa canne sur les genoux, il m’écouta avec attention et eut un murmure désapprobateur à l’évocation de cet homme que j’avais vu vendre sa prothèse. Il me questionna également sur Rahim khan, qu’il avait rencontré plusieurs fois à Kaboul et dont la maladie sembla le chagriner. À plusieurs reprises cependant, je le surpris qui observait Sohrab endormi sur le canapé. Comme si nous évitions le seul sujet digne d’intérêt à ses yeux.
随后,将军和我坐在客厅里喝葡萄酒,索拉雅和母亲则去摆餐桌。我告诉他喀布尔和塔利班的情况,却略去了加齐体育场的处决,以及我与阿塞夫的见面。他把手杖横放在膝上,专心听着;当我说到那个卖掉自己假肢的男人时,他不赞同地低声叹了一句。他也问起拉辛汗——他以前在喀布尔见过拉辛汗好几次,听说他的病情似乎很难过。然而有好几次,我发现他在观察睡在沙发上的索拉博。仿佛我们一直在回避他眼中唯一真正重要的话题。
Nous cessâmes de tourner autour du pot au cours du repas, lorsqu’il posa sa fourchette pour m’interroger :
吃饭时,我们终于不再绕圈子。他放下叉子问道:
— Alors, Amir jan, vas-tu enfin nous dire pourquoi tu as ramené ce garçon ? — Iqbal jan ! s’indigna khala Jamila. — Pendant que tu tricotes des pulls, ma chère, je me préoccupe de la manière dont notre communauté perçoit notre famille. Les gens vont jaser. Ils voudront savoir pourquoi un Hazara vit avec notre fille. Que devrai-je leur répondre ?
“那么,阿米尔jan,你终于肯告诉我们为什么把这个男孩带回来了吗?”“伊克巴尔jan!”贾米拉khala愤怒地说。“亲爱的,你忙着织毛衣,我却必须考虑我们这个社群会怎样看待我们家。人们会闲言碎语。他们想知道为什么一个哈扎拉人住在我们女儿家里。我该怎么回答?”
Soraya laissa tomber sa cuillère. — Tu n’auras qu’à… — Ce n’est rien, Soraya, l’interrompis-je. Il a raison. Les gens vont jaser. — Amir… — Ce n’est rien, répétai-je, avant de m’adresser au général : Il se trouve que mon père a couché avec la femme de son serviteur. Elle lui a donné un garçon prénommé Hassan, lequel est aujourd’hui décédé. L’enfant qui dort sur le canapé est son fils. Donc, mon neveu. Voilà ce que vous répondrez aux gens quand ils voudront le savoir.
索拉雅的勺子掉了下来。“你就告诉他们……”“没关系,索拉雅。”我打断她,“他说得对。人们会闲言碎语。”“阿米尔……”“没关系。”我又说了一遍,随后转向将军,“事实是,我父亲和他的仆人的妻子上过床。她给他生了一个男孩,名叫哈桑,现在已经死了。睡在沙发上的这个孩子是哈桑的儿子。所以,他是我的侄子。别人问起时,你就这样回答。”
Tous me regardaient fixement. — Un dernier détail, général sahib, ajoutai-je. Vous n’emploierez plus le terme « Hazara » en ma présence. Ce garçon a un nom et ce nom est Sohrab.
所有人都一动不动地看着我。“还有最后一件事,将军sahib。”我补充道,“以后在我面前,你不要再用‘哈扎拉人’这个称呼。这个孩子有名字,他叫索拉博。”
Personne ne pipa mot jusqu’à la fin du repas.
直到晚餐结束,再没有人说一句话。
Il aurait été faux d’affirmer que Sohrab était un enfant calme. Le calme est synonyme de paix. De tranquillité. Le calme, c’est lorsqu’on pousse la manette volume de la vie vers le bas.
说索拉博是个安静的孩子并不准确。安静意味着平和,意味着宁静。安静,就像把生活的音量旋钮调低。
Le silence revient à presser le bouton off. À tout éteindre. Le silence de Sohrab n’avait rien à voir avec celui que s’imposent certains protestataires, ces êtres animés de convictions qui cherchent à faire parler de leur cause en n’en parlant pas. Lui s’était réfugié dans un coin sombre et en avait bouché toutes les ouvertures.
沉默则像按下关机键,把一切彻底熄灭。索拉博的沉默也不同于某些抗议者的缄默——那些怀抱信念的人用不说话的方式让自己的诉求被听见。索拉博则躲进一个黑暗角落,把所有出口都堵死了。
Il occupait un espace plus qu’il ne partageait notre vie. Une toute petite portion d’espace. Parfois, au marché ou au parc, je remarquais que les autres semblaient à peine constater sa présence. Il m’arrivait de lever les yeux d’un livre et de découvrir qu’il était entré dans la pièce et s’était installé en face de moi sans que je m’en rende compte. Il marchait comme s’il avait peur de laisser des traces de pas derrière lui. Il se déplaçait comme s’il souhaitait ne pas créer le moindre mouvement d’air. La plupart du temps, il dormait.
与其说他参与了我们的生活,不如说他只是占据了一小块空间。非常非常小的一块。有时在市场或公园里,我会发现其他人几乎注意不到他的存在。有时我从书本上抬头,才发现他不知何时已经走进房间,坐在我对面,而我竟毫无察觉。他走路时仿佛害怕在身后留下脚印,移动时仿佛不愿惊动哪怕一丝空气。大多数时候,他都在睡觉。
Soraya aussi souffrait de son mutisme. Lorsque j’étais au Pakistan et que nous discutions au téléphone, elle m’avait confié tout ce qu’elle avait prévu pour lui. Les cours de natation. Le football. Le bowling. Mais quand elle passait devant sa chambre, elle n’apercevait que des livres fermés dans le panier en osier, l’échelle de croissance vierge de toute marque, le puzzle non assemblé – tous ces rappels d’une existence qui aurait pu être, d’un rêve qui se fanait au moment même où il commençait à bourgeonner. Elle n’était pas la seule cependant. Moi aussi, j’avais nourri des espoirs pour Sohrab.
他的缄默也折磨着索拉雅。我在巴基斯坦时,我们通电话,她曾把为他安排的一切都告诉我:游泳课、足球、保龄球。可每当她从他房间门前经过,看见的只有藤篮里始终合着的书、没有留下一条刻痕的身高尺、从未拼过的拼图——每一样东西都提醒着她,另一种生活本来可能存在,一个刚刚萌芽的梦正在枯萎。但怀有希望的不只她一个。我也曾对索拉博寄予希望。
Pendant qu’il se taisait, le monde se faisait entendre. Un mardi matin de septembre dernier, les Tours jumelles s’effondrèrent et, du jour au lendemain, tout changea. Le drapeau américain surgit partout autour de nous, sur l’antenne des taxis jaunes, sur les habits des piétons qui arpentaient les trottoirs, et même sur les casquettes crasseuses des mendiants de San Francisco postés sous les auvents des petites galeries d’art et des boutiques. En croisant Edith, une sans-abri qui jouait régulièrement de l’accordéon à l’angle de Sutter Street et de Stockton Street, je notai que la boîte de son instrument arborait un autocollant à l’effigie de la bannière étoilée.
在他保持沉默的同时,世界却发出了巨大的声音。去年九月的一个星期二早晨,双子塔轰然倒塌,一夜之间,一切都变了。美国国旗出现在我们周围的每个角落:黄色出租车的天线上、街头行人的衣服上,甚至旧金山那些蜷缩在小画廊和商店雨篷下的乞丐肮脏的帽子上。我经过伊迪丝身边时——她是个无家可归的女人,经常在萨特街与斯托克顿街交叉口拉手风琴——我注意到她的琴盒上也贴了一张星条旗贴纸。
Peu après ces attentats, les États-Unis bombardèrent l’Afghanistan, l’Alliance du Nord réapparut sur le devant de la scène et les talibans se sauvèrent comme des rats. Aux caisses des magasins, les villes de mon enfance, Kandahar, Herat, Mazar-e-Charif, revenaient dans toutes les conversations. Baba m’avait emmené à Kunduz avec Hassan lorsque j’étais enfant. Je n’ai guère de souvenirs de ce voyage, en dehors du fait que nous nous étions assis à l’ombre d’un acacia pour boire du jus de pastèque frais et voir qui réussirait à cracher ses graines le plus loin. Désormais, des présentateurs Dan Rather et Tom Brokaw aux clients qui sirotaient leur café latte dans les Starbucks, chacun ne s’intéressait plus qu’à la bataille menée autour de cette ville, dernier bastion des talibans au nord du pays. En décembre, Pachtouns, Tadjiks, Ouzbeks et Hazaras se réunirent à Bonn, et sous le regard vigilant des Nations unies débuta le processus susceptible de mettre fin un jour aux vingt années de malheur qu’avait connu leur watan. Le couvre-chef en caracul d’Hamid Karzai et son chapan vert devinrent célèbres.
袭击发生后不久,美国开始轰炸阿富汗,北方联盟重新登上舞台,塔利班像老鼠一样逃窜。在商店收银台前,我童年熟悉的城市——坎大哈、赫拉特、马扎里沙里夫——成了所有人的谈资。小时候,爸爸曾带我和哈桑去过昆都士。我对那趟旅行几乎没什么记忆,只记得我们坐在一棵金合欢树下喝新鲜西瓜汁,比赛谁能把瓜子吐得更远。如今,从新闻主播丹·拉瑟和汤姆·布罗考,到星巴克里啜饮拿铁的顾客,所有人都只关心这座塔利班在阿富汗北部最后据点周围的战事。十二月,普什图人、塔吉克人、乌兹别克人和哈扎拉人在波恩会面,在联合国注视下,一个或许有朝一日能终结祖国二十年苦难的进程开始了。哈米德·卡尔扎伊的羔羊皮帽和绿色长袍也变得家喻户晓。
Sohrab traversa cette période tel un somnambule. Soraya et moi nous impliquâmes dans divers programmes d’aide à l’Afghanistan, autant par esprit civique que par besoin d’entreprendre quelque chose – n’importe quoi – pour meubler le silence à l’étage, un silence qui aspirait tout comme un trou noir. Je n’avais jamais été particulièrement actif, mais lorsqu’un certain Kabir, ancien ambassadeur afghan à Sofia, m’appela pour solliciter mes services, je répondis oui. L’affaire concernait un modeste hôpital situé au Pakistan. Son antenne chirurgicale, qui soignait les réfugiés afghans victimes de mines antipersonnel, avait fermé faute de moyens financiers. Avec Soraya pour adjointe, je coordonnais l’ensemble du projet et passais une grande partie de mes journées à envoyer des mails dans le monde entier, à réclamer des subventions, à organiser des manifestations pour lever des fonds. Et à essayer de me persuader que j’avais pris la bonne décision en ramenant Sohrab aux États-Unis.
索拉博像梦游者一样穿过这段时期。索拉雅和我投入各种援助阿富汗的项目,既出于公民责任,也因为必须找点事情做——做任何事情都行——来填补楼上那片像黑洞一样吞噬一切的沉默。我以前从不算热衷公共事务,可当一个名叫卡比尔的男人打电话请我帮忙时,我答应了。他曾任阿富汗驻索非亚大使。项目涉及巴基斯坦一家小医院,那里为被地雷炸伤的阿富汗难民提供治疗,但外科部门因资金短缺已经关闭。我担任整个项目的协调人,索拉雅做我的助手。我的大部分时间都用来向世界各地发送电子邮件、申请资助、组织募款活动,以及努力说服自己:把索拉博带回美国,是正确的决定。
Le soir du 31 décembre nous étions plantés devant une émission de Dick Clark, Soraya et moi, nos jambes bien au chaud sous une couverture. À la fin des douze coups de minuit, quand les confettis envahirent l’écran, les gens poussèrent des cris de joie et s’embrassèrent. Dans notre maison, la nouvelle année débuta de la même façon que s’était achevée la précédente. Sans un bruit.
十二月三十一日晚上,索拉雅和我坐在电视机前看迪克·克拉克主持的跨年节目,双腿暖暖地盖在同一条毯子下面。午夜十二点的钟声敲完,彩纸铺满屏幕,人们欢呼、拥抱、亲吻。在我们家,新的一年以和上一年结束时完全相同的方式开始:寂静无声。
Et puis soudain, il y a quatre jours, par un après-midi froid et pluvieux de mars 2002, un merveilleux petit événement s’est produit.
然后,就在四天前,二〇〇二年三月一个寒冷多雨的下午,一件美妙的小事突然发生了。
J’avais emmené Soraya, khala Jamila et Sohrab à un rassemblement d’Afghans au Lake Elizabeth Park, à Fremont. Le général, qui avait enfin reçu une proposition de poste ministériel dans son pays, était parti là-bas deux semaines plus tôt – laissant derrière lui son costume gris et sa montre de gousset. Son idée était que sa femme le rejoindrait plus tard, une fois qu’il serait bien installé. Khala Jamila souffrait beaucoup de son absence – elle craignait pour sa santé –, aussi l’avions-nous pressée de loger quelque temps chez nous.
我带索拉雅、贾米拉khala和索拉博去弗里蒙特的伊丽莎白湖公园,参加阿富汗人的聚会。将军终于得到回国担任部长的邀约,两周前已经启程——留下了他的灰色西装和怀表。他计划先在那边安顿妥当,再让妻子过去。贾米拉khala因他的离开非常难受,也一直担心他的健康,因此我们劝她暂时住到我们家。
Le jeudi précédent, premier jour du printemps, ayant coïncidé avec le nouvel an afghan – le Sawl-e-Nau –, notre communauté avait organisé une série de célébrations dans l’est de la baie et l’ensemble de la péninsule. Kabir, Soraya et moi avions une raison supplémentaire de nous réjouir : le service de pédiatrie de notre hôpital à Rawalpindi fonctionnait depuis une semaine. Il faudrait encore attendre pour le bloc opératoire, mais il s’agissait d’un bon début.
前一个星期四是春季第一天,恰逢阿富汗新年Sawl-e-Nau,我们的社群在东湾和整个半岛举办了一系列庆祝活动。卡比尔、索拉雅和我还有一个额外的庆祝理由:我们在拉瓦尔品第医院的儿科部门已经运行一周。手术室仍需等待一段时间,但这毕竟是个良好开端。