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追风筝的人Les Cerfs-Volants de Kaboul
Chapitre 12
本章 611 组对照 · 第 7/20 页 · 已读 1%Elle avait une sœur en Iran, à Mashad.
“她有个姐姐住在伊朗的马什哈德。”
Parce qu’elle était analphabète, elle me priait d’écrire à sa place de temps en temps et de lui lire les lettres que sa sœur lui envoyait en retour.
“因为她不识字,她偶尔会请我代她写信,也请我把姐姐寄来的回信念给她听。”
Un jour, je lui ai proposé de lui apprendre à le faire toute seule.
“有一天,我提出教她,让她以后可以自己写、自己读。”
Elle m’a souri comme jamais avant, les yeux tout plissés, et m’a dit qu’elle aimerait beaucoup.
“她露出了我从未见过的笑容,眼睛都眯成了一条缝,说她非常愿意。”
On a donc commencé à s’installer régulièrement à la table de la cuisine après mes devoirs, et je lui ai enseigné l’alphabet.
“从那以后,我做完作业,我们就常常一起坐在厨房桌旁,我教她字母表。”
Parfois, je me souviens, je levais les yeux de mes exercices et je la voyais dans la cuisine qui remuait la viande dans la cocotte puis se rasseyait avec un crayon pour s’appliquer aux travaux d’écriture que je lui avais donnés la veille.
“我还记得,有时候我从练习册上抬头,会看见她在厨房里搅动砂锅里的肉,然后重新坐下来,拿起铅笔,认真完成我前一天布置给她的书写练习。”
» Bref, au bout d’un an, elle était capable de déchiffrer des livres pour enfants.
“总之,一年以后,她已经能读懂儿童读物了。”
Nous allions dans le jardin et elle me lisait les aventures de Dara et Sara5, lentement mais sans fautes.
“我们会到花园里去,她慢慢地、却一个字也不错地给我读达拉和萨拉的故事。”
Elle s’est mise à m’appeler moalem Soraya, professeur Soraya. (Elle rit de nouveau.) Je sais que ça peut sembler puéril, mais le jour où elle a écrit sa première lettre, j’ai compris que rien ne me passionnerait jamais tant que d’exercer ce métier.
“她开始叫我‘索拉雅老师’。”(她又笑了。)“我知道这听起来很孩子气,可她写出第一封信的那天,我明白了,再也没有什么会比当老师更令我热爱。”
J’étais si fière d’elle, j’avais l’impression d’avoir accompli quelque chose qui en valait vraiment la peine.
“我为她感到无比骄傲,觉得自己终于做成了一件真正有意义的事。”
Vous saisissez ?
“你明白吗?”
— Oui, mentis-je.
“明白。”我撒谎道。
Moi, je ne m’étais servi de mon instruction que pour ridiculiser Hassan, n’hésitant pas à me moquer de lui quand il ignorait le sens de certains mots.
而我曾利用自己受过的教育去羞辱哈桑;每当他不知道某个词的意思,我总毫不犹豫地嘲笑他。
— Mon père souhaite que j’entre à la fac de droit, poursuivit-elle, et ma mère fait sans cesse allusion aux études de médecine.
“我父亲希望我去读法学院,”她继续说,“我母亲则总暗示我应该学医。”
Mais je n’en démordrai pas.
“可我不会改变主意。”
Tant pis si je gagne mal ma vie, au moins j’exercerai un métier que j’aime.
“哪怕以后赚不了多少钱也无所谓,至少我做的是自己喜欢的工作。”
— Ma mère était professeur elle aussi.
“我母亲以前也是老师。”
— Je sais, la mienne me l’a dit.
“我知道,我母亲告诉过我。”
Elle rougit soudain devant ce qu’impliquait sa réponse, à savoir que toutes deux avaient parlé de moi en mon absence.
她突然因为这句话背后的含义而脸红了:她们母女显然曾在我不在场时谈起过我。
Je pris sur moi de ne pas sourire.
我强忍着没有笑出来。
— Je vous ai apporté quelque chose, lui annonçai-je en sortant un rouleau de feuilles agrafées de ma poche arrière.
“我给你带了件东西。”我说着,从后裤袋里抽出一卷订在一起的纸。
Comme promis.
“就像我答应过的。”
Je lui donnai l’une de mes nouvelles.
我把自己的一篇短篇小说递给她。
— Oh, tu t’en es souvenu ! s’exclama-t-elle, rayonnante.
“哦,你还记得!”她容光焕发地叫道。
Merci !
“谢谢你!”
J’eus à peine le temps de noter qu’elle avait employé pour la première fois le tu familier, et non plus le shoma de politesse, que déjà son sourire s’évanouissait.
我刚注意到她第一次对我用了亲近的“你”,而不是客气的敬称,她脸上的笑容便已经消失了。
Elle pâlit, les yeux rivés sur un point derrière moi.
她脸色煞白,目光钉在我身后的某一点上。
Je me retournai et me heurtai au général Taheri.
我转过身,正好撞见塔赫里将军。
— Amir jan.
“阿米尔亲爱的。”
Notre conteur prodige.
“我们这位才华横溢的说书人。”
Quel plaisir, lança-t-il avec un sourire pincé.
“真高兴见到你。”他挤出一丝笑容说道。
— Salaam, général sahib, bredouillai-je.
“萨拉姆,将军先生。”我结结巴巴地说。