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小小的国度Petit pays
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本章 156 组对照 · 第 1/5 页 · 已读 1%Rien n’est plus doux que ce moment où le soleil décline derrière la crête des montagnes.
没有什么比太阳沉到群山脊线后方的这一刻更温柔了。
Le crépuscule apporte la fraîcheur du soir et des lumières chaudes qui évoluent à chaque minute.
暮色带来夜晚的清凉,也带来每分钟都在变化的温暖光线。
À cette heure-ci, le rythme change.
到了这个时刻,生活的节奏便会改变。
Les gens rentrent tranquillement du travail, les gardiens de nuit prennent leur service, les voisins s’installent devant leur portail.
人们悠闲地下班回家,夜间守卫开始值班,邻居们坐到自家大门前。
C’est le silence avant l’arrivée des crapauds et des criquets.
这是蟾蜍和蟋蟀登场前的寂静。
Souvent le moment idéal pour une partie de football, pour s’asseoir avec un ami sur le muret au-dessus du caniveau, écouter la radio l’oreille collée au poste ou rendre visite à un voisin.
这往往是踢一场足球、与朋友坐在排水沟上方的矮墙上、把耳朵贴着收音机听广播,或去拜访邻居的最佳时刻。
Les après-midi d’ennui finissent enfin par expirer à petits pas fuyants et c’est dans cet intervalle, dans ces instants épuisés, que je retrouvais Gino devant son garage, sous le frangipanier odorant, et qu’on s’allongeait tous les deux sur la natte du zamu, le veilleur de nuit.
无聊的下午终于迈着悄然退去的小步慢慢断气;就在这段间隙、这些疲惫不堪的时刻,我会到吉诺家的车库前找他,在芬芳的鸡蛋花树下,我们两人躺在夜间守卫扎穆的草席上。
On écoutait les nouvelles du front sur le petit poste grésillant.
我们用那台沙沙作响的小收音机收听前线消息。
Gino ajustait l’antenne pour atténuer la friture.
吉诺调整天线,好让杂音小一点。
Il me traduisait chaque phrase, y mettait tout son cœur.
他把每一句都翻译给我听,讲得全心投入。
La guerre au Rwanda avait recommencé depuis quelques jours.
卢旺达的战争几天前又重新打响了。
Pacifique avait fini par prendre son barda et laisser sa guitare derrière lui.
帕西菲克最终背起行囊,把吉他留在了身后。
Le FPR était en route pour nous rendre notre liberté, claironnait Gino.
吉诺高声宣称,卢旺达爱国阵线正在路上,要把自由还给我们。
Il pestait d’être assis là à ne rien faire, pour lui nous étions des poltrons, nous devions aller combattre.
他咒骂自己只能坐在这里无所事事;在他看来,我们都是胆小鬼,应该上战场去。
La rumeur disait que des métis comme nous étaient partis.
传言说,已经有和我们一样的混血儿出发参战了。
Gino affirmait même que certains étaient des Kadogos, des enfants-soldats de douze-treize ans.
吉诺甚至断言,其中有些是“卡多戈”,也就是十二三岁的娃娃兵。
Gino, mon pote qui avait peur des mygales qu’on ramassait dans son jardin et qui se mettait à plat ventre quand on entendait un orage au loin, ce même Gino voulait mener une guérilla avec une kalachnikov plus grande que lui dans le brouillard des montagnes des Virunga.
吉诺,我那个害怕我们从他家花园里捉到的捕鸟蛛、远处一响雷就趴到地上的伙伴,竟然想扛着一支比自己还高的卡拉什尼科夫步枪,在维龙加群山的迷雾中打游击战。
Avec une branche, il s’était tatoué FPR sur l’avant-bras en se grattant l’épiderme jusqu’au sang.
他用一根树枝在前臂上刻下“FPR”三个字母,把表皮刮得鲜血直流。
Sa peau avait mal cicatrisé pour laisser trois lettres boursouflées.
伤口愈合得不好,留下三个肿胀凸起的字母。
Il était moitié rwandais comme moi, mais je l’enviais secrètement car il parlait parfaitement kinyarwanda et savait exactement qui il était.
他和我一样有一半卢旺达血统,但我暗地里羡慕他,因为他能说一口流利的卢旺达语,而且清楚地知道自己是谁。
Papa s’énervait de voir un gamin de douze ans prendre part aux conversations d’adultes.
爸爸看到一个十二岁的孩子参与成年人的谈话,总会恼火。
Mais pour Gino, la politique n’avait pas de secret.
可对吉诺来说,政治没有任何秘密。
Son père était professeur d’université et lui demandait toujours son avis sur l’actualité, lui conseillait de lire tel article dans Jeune Afrique et tel autre dans Le Soir.
他父亲是大学教授,总会询问他对时事的看法,还建议他读《青年非洲》的某篇文章和《晚报》的另一篇文章。
Du coup, Gino comprenait toujours ce que disaient les grandes personnes.
因此,大人们说的话,吉诺总是听得懂。
C’était son handicap.
这就是他的缺陷。
Gino, le seul enfant que je connaissais qui, au petit déjeuner, buvait du café noir sans sucre et écoutait les informations de Radio France internationale avec le même enthousiasme que j’avais à suivre un match du Vital’O Club.
吉诺是我认识的唯一一个早餐喝不加糖的黑咖啡、听法国国际广播电台新闻时像我观看维塔尔奥俱乐部比赛一样兴奋的孩子。
Quand nous étions tous les deux, il insistait pour que j’acquière ce qu’il appelait une « identité ».
我们两个人单独相处时,他总坚持要我获得一种他所谓的“身份认同”。
Selon lui, il y avait une manière d’être, de sentir et de penser que je devais avoir.
照他的说法,我应该拥有一种特定的生存、感受和思考方式。
Il avait les mêmes mots que Maman et Pacifique et répétait qu’ici nous n’étions que des réfugiés, qu’il fallait rentrer chez nous, au Rwanda.
他说的话和妈妈、帕西菲克一模一样,总重复说我们在这里只是难民,必须回到自己的家——卢旺达。
Chez moi ?
我的家?
C’était ici.
我的家就在这里。
Certes, j’étais le fils d’une Rwandaise, mais ma réalité était le Burundi, l’école française, Kinanira, l’impasse.
当然,我是一个卢旺达女人的儿子,可我的现实是布隆迪、法国学校、基纳尼拉和这条死胡同。